Comment suivre plusieurs fermentations en parallèle (sans rien oublier)
Un seul bocal, ça se garde en tête. Le problème commence au deuxième — et explose au troisième. Un kéfir qui finit sa F1 demain, une kombucha lancée… mardi ? mercredi ?, deux bouteilles de F2 au gingembre dans le placard depuis un temps indéterminé. Ajoute une dégustation dont tu voulais noter le verdict, et voilà : tu ne suis plus tes fermentations, ce sont elles qui te suivent.
Ce n'est pas un manque de rigueur, c'est mathématique : trois batches asynchrones, chacun avec 2-3 phases (la F1 en bocal ouvert, la F2 en bouteille fermée, le passage au froid), ça fait six à neuf échéances décalées à retenir en permanence. Aucun cerveau n'est fait pour ça — surtout que l'enjeu n'est pas seulement le goût : une F2 oubliée trois jours au chaud finit en geyser, parfois en verre brisé.
Voyons les méthodes qui existent, honnêtement.
Méthode 1 : le carnet papier
Le classique. Une page par batch : date de lancement, recette, observations, verdict.
Ce qui marche : la dégustation. Écrire à la main ce que tu as goûté, c'est agréable et ça reste. Pour l'historique d'une recette qu'on refait à l'identique, un carnet fait le travail.
Les limites : un carnet n'avertit pas. Il faut penser à l'ouvrir pour savoir qu'une F2 est prête — or c'est précisément l'acte de penser qui fait défaut. Et retrouver « la version du kéfir mangue qui était parfaite » dans 40 pages manuscrites, bon courage.
Méthode 2 : le tableur
Une ligne par batch, des colonnes date-phase-notes, éventuellement une formule qui calcule la date de fin.
Ce qui marche : la vue d'ensemble. Un tableur trié par date montre bien ce qui est en cours, et les données sont réutilisables.
Les limites : tout est manuel — chaque changement de phase est une saisie, et une saisie oubliée rend tout le tableau mensonger. Pas de rappel non plus (ou alors tu construis un système de notifications… et tu as réinventé une appli, en plus fragile). Sur téléphone, dans une cuisine avec les mains dans le sucre, l'expérience est rude.
Méthode 3 : les post-it et l'étiquette sur le bocal
Date au marqueur sur le couvercle, post-it sur la porte du placard.
Ce qui marche : l'info est sur l'objet, impossible de confondre deux bocaux. Garde ce réflexe quoi qu'il arrive.
Les limites : l'étiquette dit quand le batch a commencé, pas quand agir. Elle ne voit pas les bouteilles rangées dans le placard fermé, ne garde aucun historique, et se décolle au premier nettoyage.
Ce qu'il faudrait vraiment
En croisant les limites, le cahier des charges se dessine. Il faut un système qui :
- connaît les phases de chaque recette (F1 → F2 → froid), avec leurs durées ;
- te dit quand agir, sans que tu aies à y penser ;
- garde l'historique par recette, pour reproduire ce qui a marché ;
- se met à jour en deux tapes, mains humides comprises.
Tu peux bricoler ça avec un tableur + des alarmes + un carnet. C'est faisable — et c'est exactement le bricolage que FermPal remplace : chaque batch avance phase par phase selon sa recette, avec durées et températures ; l'écran d'accueil montre où en est chaque bocal et ce qui arrive à échéance ; la dégustation se note à l'archivage, et chaque recette garde ses versions pour retrouver le dosage qui pétillait à tous les coups. Le plan gratuit couvre 3 fermentations actives — pile le seuil où la mémoire lâche.
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En résumé
| Méthode | Vue d'ensemble | Échéances visibles | Historique | Effort |
|---|---|---|---|---|
| Carnet papier | ❌ | ❌ | 🟡 difficile à fouiller | Moyen |
| Tableur | ✅ | ❌ (à bricoler) | ✅ | Élevé |
| Post-it / étiquettes | 🟡 bocal par bocal | ❌ | ❌ | Faible |
| Carnet numérique dédié | ✅ | ✅ | ✅ par recette | Faible |
Quelle que soit la méthode : note la date sur chaque contenant, fixe un jour de contrôle hebdo, et ne lance jamais une F2 sans savoir quand tu la sortiras. Le reste, c'est de l'outillage.
Pour aller plus loin : le carnet de fermentation en ligne, et si tu débutes, le guide du kéfir d'eau (grains, F1, F2).